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Chronique : La 700ème couche de peinture

Les coulisses ont parfois leurs échos, comme les murs semblent avoir des oreilles. En promenant mon regard velléitaire sur tout cet embrouillamini de la campagne électorale, où l’on conspire à coups de peaux de bananes, je n’en suis plus qu’écœuré.

Si certains prétendants s’efforcent  d’être réalistes par rapport à la situation qui prévaut actuellement et cherchent des solutions aux préoccupations des citoyens ; d’autres part contre, ignorants comme des mules, vont accourir avec leur petit pot de peinture fraiche et leur pinceau pour relooker leur vitrine.

Ce sont ceux-là que nous dénonçons. Manipulateurs-nés, démagogues, loquaces, ces spécimens  poussent comme des champignons. Il y en a partout. On marche dessus. On ne sait plus où donner de la sébile. Et c’est ce succès lui-même qui inquiète. On a beau traire la vache à lait des institutions locales il faut quand même rajouter un peu de blé.

Zoom : tremblant et suant de partout, affublé d’une barbiche postiche et d’un costume à la Robin des Bois, notre « loqua-casseur » du samedi soir vient remplir sa noble tâche dans un repaire saturé par des andouilles qui ne savent qu’imiter les manières et les singeries de leur maître  vénéré.

Parmi cette foule, il y a une pauvre partie exploitée, trimée, ignorante, la tête dans le sac qui fait confiance à ces rapaces voraces, qui espère en la sagesse de ceux qui la dirigent. On comprend qu’elle ne voit rien, qu’elle n’apprécie pas le cours et la portée des événements.

On s’installe : à voir certaines  andouilles et certains crédules qui  ont envahi la salle, et dont les ovations violent le  diapason, je soliloque : « Mais  qu’est-ce qui se passe? Où va-t-on? Qu’est-ce qui s’en vient? Qu’arrivera-t-il demain? »

Bref, le cinéma commence, tâchons de décortiquer les entre-lignes : Alors ? Par quoi faudrait-il commencer ? On passe en revue le côté halluciné délirant des événements et on livre juste cette perle au sommet du grotesque « hagiographique » : «  Mes amis, la situation est catastrophique !!! » On matraque la table. La foule est éberluée.  Nonobstant cet aplomb ahurissant, par empoisonnement, c’est finalement le même rituel. On inonde de fadaises cette foule qui souffre déjà de la canicule provoquée par deux heures d’attente. Oui, messieurs, le Zaïm doit toujours se faire attendre. On bassine la foule à tout bout de champ en répétant les mêmes âneries, sachant pertinemment de quel côté les tartines sont beurrées. Beau programme pour les crétins mystico-politiques, qui rêvent de reprendre l’esplanade parlementaire.

Il ne leur manquait qu’à  pousser alors des hauts cris, se rouler par terre, se mettre de la cendre sur la tête et se comporter en général comme un chaste qui aurait trouvé la photo d’une star pour donner libre court à ses désirs fantasmagoriques. C’est extrêmement rigolo, si on arrive à lire jusqu’au bout le jargon qui bouillonne en ce drôle de cratère.

Il n’est pourtant pas difficile d’utiliser sa trompette, ça doit servir dans toutes les circonstances, non ?

Enfin, une intervention raisonnable dans un océan de conneries incroyables. On exhorte la foule à s’abstenir du boycott.

Chérif Abdedaïm

http://www.lnr-dz.com/index.php?page=details&id=12786

 

 

 

 

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À propos de Chérif abdedaim

Poète, écrivain, peintre, sculpteur, chanteur, musicien, psychopédagogue de formation, enseignant, éducateur et journaliste chroniqueur au quotidien national "La Nouvelle République", Chérif Abdedaïm appartient à cette catégorie d’hommes qui forcent le respect grâce aux valeurs morales, linguistiques et artistiques dont témoignent leurs œuvres qu’elles soient écrites, plastiques ou musicales. Chérif Abdedaïm est né le 29 juin 1955 à Constantine. Dès l’âge de 15 ans, son amour pour tout ce qui est art le conduit à fréquenter les grands maîtres du malouf puis du chaâbi, jouant du luth, du violon et du mandole. La lecture de romans, de poésie, de journaux et d’œuvres littéraires sont ses violons d’Ingres depuis sa plus tendre enfance. Friand d’art, de littérature et de peinture, sa passion occupe tout son temps jusqu’à la transcendance. Chérif Abdedaïm respire l’art sous toutes ses couleurs et sans ce dernier, il se sentirait comme sevré de quelque chose de fondamental, aussi ne cesse t-il de faire appel à son imagination créative essayant toujours de se ressourcer dans ses rêves d’enfance, toutes choses qui sont la marque des grands artistes ayant laissé leur empreinte indélébile dans l’histoire. Dans chacune de ses œuvres, on découvre les éternels questionnements de l’homme en quête de la vérité et de la franchise, qualités dont ne peuvent s’accommoder les gens perfides qui, face à la parole sèche et rude de Chérif le fier, le casseur de tabous n’ont aucune place. Chérif, bien qu’inconnu au bataillon des grands écrivains et poètes de la littérature algérienne francophone, ne s’en distinguera pas moins avec deux ouvrages "Aux portes de la méditation" et "Le bouquet entaché" qui sont des œuvres remarquables. "Aux portes de la méditation", édité par Casbah Éditions en 2004, est un essai philosophique qui brasse un large éventail de questionnements auxquels Chérif tente d’apporter une réponse dans un style sinueux, labyrinthique même, où le lecteur se retrouvera engagé dans une voie sans issue et se laissera prendre à la sensation que rien n’est achevé, la vérité ne se livrant comme par bribes difficiles à cerner. Tout ce qui touche à la vie de l’être est décortiqué par ce philosophe qui, au détour de ses questions, appelle le lecteur à sonder la réponse avec en point de mire l’éternelle question autour de la vie et de la mort. "Il y a ceux qui vivent, ceux qui se donnent la mort, ceux qui suivent et ceux qui ne craignent le sort, les humbles convives et ceux qu’on jette dehors, ceux qui ont raison et ceux qui ont tort, il y a ceux qui cachent leurs mots, ceux qui les mâchent, ceux qui les lâchent et ceux qui les crachent. Comme il y a ceux qui jettent leurs mots, ceux qui les répètent, ceux qui les rejettent et ceux qui les projettent…." Cet extrait résume, on ne peut clairement, l’état d’esprit de l’œuvre. L’écrivain au verbe tranchant prêt à ne pas sacrifier ses principes, n’hésite pas à faire part, un tantinet moralisateur, de son jugement sur le comportement, le vice, le courage et la lâcheté de l’être humain. Dans son recueil de poèmes et de maximes "Le bouquet entaché" édité en 2006, Chérif nous berce et nous transporte dans un monde où le beau, le mal, la beauté, la méchanceté, la richesse, le ciel, les étoiles, la nature, la peur, l’orgueil ….se font et se défont au gré des aventures des êtres humains en quête de sensation et de découvertes. " Perfidie, orgueil, médisance et méchanceté/ Indifférence, insouciance, négligence et légèreté/Feront naufrage dans l’océan de Vérité/Quand l’être, enfin épuisé, jugera t-il/Ses actes rebelles et téméraires? /Quand l’être, enfin désabusé signera t-il /Le pacte de la paix sur terre/ Sortis du fin fond de ses tripes, ces vers en appellent pour un monde de paix et de sérénité. Les poèmes sont écrits dans un style brut, on dirait que les mots du poète s’impriment sur la feuille de papier grâce au souffle de sa voix, qui comme celle d’un dragon en danger, tente de se défendre devant un danger mortel quoique invisible. Grave, trop grave le verbe de Chérif. Il n’empêche, Chérif Abdedaïm a également écrit et édité des livres parascolaires à l’intention des lycéens comme "Français en Terminales" paru en 2008, réédité en 2009, le "Dictionnaire de grammaire"" et l’"Orthographe, grammaire, conjugaison, vocabulaire" des manuels conformes au programme officiel, les élèves pouvant ainsi disposer de supports pour apprendre plus facilement la langue de Molière. Enfin, Chérif Abdedaïm va dans un très proche avenir récidiver avec une biographie sur Abdelhafid Boussouf dit Si Mabrouk, le père du renseignement algérien, un livre, qui est le résultat de deux années de recherches historiques et de recueil de témoignages auprès de ses compagnons d’armes et de proches. Par : ZAOUI ABDERAOUF (LE MIDI LIBRE DU 19 Décembre 2009)

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